Le Madrigal de Lille en concert "A la Russe" : mercredi 12/06 à 20:30, église Saint-Michel à Lille

Le avec la chorale Le Madrigal de Lille

 

Vastes plaines enneigées, chapeaux de fourrure et toits colorés : quelques images qui composent un certain portrait de la Russie. Dans « À la Russe », le chœur Le Madrigal de Lille refaçonne ce portrait, sous la forme d'un tableau contemporain constitué d'illustrations offertes par les compositeurs occidentaux. Les œuvres de Thierry Machuel, John Tavener, François Branciard, Jean-Louis Thomas et Pierre-Jean Beaudoin, souvent inspirées de la tradition orthodoxe, sont autant de prismes qui permettront au chœur de transporter son public. 

Le programme commence avec Sviaty de John Tavener. Issu des offices funéraires orthodoxes, ce texte a été choisi par Tavener en hommage à un proche décédé. Elle est pensée en deux plans : le chœur représente le cercueil du défunt, fermé, pelotonné, et le violoncelle chante la voix du prêtre orthodoxe susurrant des mélopées ornées. Le violoncelle et le chœur dialoguent à travers l’église, embarquant les auditeurs dès les premières notes.

À peine sorti de cette prière, le public est plongé dans la musique céleste d'Alfred Schnittke. La seule pièce véritablement russe de ce programme est ce trio de miniatures, Trois hymnes sacrés. En à peine sept minutes, nous entendons un condensé de musique russe : pièces religieuses, envolées lyriques, notes graves assourdissantes et aigus taillés au laser.  La pièce est suivie et se réfléchit aussitôt avec la création de Pierre-Jean Beaudoin Lord Jesus Christ, Son of God, écrite spécialement pour le Madrigal de Lille (création en avril 2019 par le Madrigal de Lille).

Suivent ensuite deux Bogoroditse Dievo, de François Branciard et Jean-Louis Thomas. Ces deux pièces, commandées par le Festival de la Voix de Châteauroux, sont écrites en regard au Bogoroditse Dievo d’Igor Stravinsky. On y retrouve les mesures impaires, qui suivent de très près l’évolution du texte, mais aussi les mélodies en vocalises qu’on entend chez Tavener, Schnittke, ou encore dans la pièce de Pierre-Jean Beaudoin. La pièce de François Branciard fait entendre quelques sonorités proches du jazz, évoquant l’intérêt de Stravinsky pour ce répertoire au début du XXe siècle. Jean-Louis Thomas, plus proche de la musique russe traditionnelle, fait entendre la stabilité harmonique qui apporte tant de profondeur et de sérénité à cette musique.

Le programme se termine avec Jiv du Français Thierry Machuel. C’est la seule pièce profane de ce répertoire, la seule à ne pas faire entendre l’écho de la musique orthodoxe. Avec Jiv, on est plus proche du répertoire traditionnel du pays : chansons à danser, balalaïkas (imités par les chanteurs à l’aide d’une baguette chinoise qui fait osciller les lèvres). Ces traits, joyeux au premier abord, se transforment rapidement en cris et en plaintes, illustrant les magnifiques textes d’Ossip Mandelstam, poète russe mort en déportation après avoir publié une épigramme contre Staline.

 

 

 

 

 

 

 

 

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